LE FEU : Peur de ne pas exister
- Daniel Ethier

- 4 janv.
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Nous n’existons réellement qu’à travers notre création ! Ne dis-t-on pas qu’on reconnaît un arbre à ses fruits…
Le Feu dit : JE CRÉE ! Est-ce le JE majuscule (notre Moi supérieur) qui veut se rapprocher de l’Amour de l’Éther ou le petit je égotique de notre personnalité qui est à l’œuvre dans cette création ? Le Feu va refléter exactement où nous en sommes, car ce sont nos actions qui vont nous donner l’heure juste. Est-ce que nous créons la réalité à partir de nos peurs, de nos mémoires souffrantes, de nos croyances limitatives et de nos programmations ou bien créons-nous en reconnaissance de l’aspect divin en nous ?
Le problème ici est que lors de l’incarnation, nous oublions le 99% de Lumière qui nous constitue, pour tenter de faire exister le petit 1% de matière dans ce monde matériel.
Le Feu s’installe à l’âge du NON chez l’enfant. Ce Feu encore malhabile, s’exprime par l’affirmation de soi qui confirme son existence. À ce jeune âge, l’enfant n’a pas les mots pour se dire, mais il réalise qu’en disant non à répétition entre autres, il fait réagir l’environnement, ce qui confirme son existence. Il peut aussi jacasser constamment et/ou se mettre en colère pour des broutilles.
C’est un moment critique dans la vie de l’individu, car s’il est souvent réprimandé dans cette période, s’il est puni à toutes les fois qu’il se met en colère, il enregistrera que cette énergie créatrice est inexprimable. Donc, qu’il lui est interdit de prendre sa place. En grandissant, l’école brimera encore plus son affirmation à cause du cadre rigide qui ne répond pas nécessairement à ses besoins particuliers. Puis vient le temps de trouver un travail qui s’il n’est pas autonome, mettra l’individu dans une position de soumission envers son patron, devenant ainsi une nième source de frustrations dans sa vie. En grandissant, nous apprenons finalement à n’exister qu’à travers l’AVOIR et le FAIRE qui sont les valeurs principales prônées dans la société.
Dans cette existence artificielle, l’individu peut sentir le manque d’une réelle expression créatrice émanant de sa propre Lumière, sans toutefois pouvoir le nommer. Insidieusement, silencieusement, à mesure que le temps passe, une frustration s’installe à demeure. C’est la frustration tout-à-fait inconsciente, de se sentir incomplet, de ne pas manifester la totalité de qui nous sommes, donc de ne pas exister, car nous ne pouvons exister qu’en exprimant l’intégralité de notre être.
Alors dans la vie de tous les jours, quand nous avons l’impression que l’environnement, quel qu’il soit, veut limiter ou contester notre expression, nous réagissons ! Soit nous limitons nous-mêmes notre expression, ayant tellement appris à le faire au fil des ans, soit nous réagissons agressivement à l’environnement. Cette colère nous donne l’impression d’exister parce que sur le moment, nous ne faisons qu’un avec cette puissante décharge d’énergie, alimentée par cette frustration inconsciente de l’incomplétude. En fait quand nous sommes en colère, c’est qu’ultimement nous sommes fâchés contre nous et le danger est que nous nous adoptions cette façon de faire pour croire s’affirmer.
La culpabilité est également une réaction possible. Si nous sommes constamment frustrés quand nous avons l’impression de ne pas exister dans les yeux de l’environnement, peut-être que nous n’existons pas à nos propres yeux et nous nous en sentons coupables. La culpabilité est de la colère retournée contre soi. Nous nous jugeons de ne pas avoir été adéquats, de ne pas nous être bien exprimés ou pas exprimés du tout dans une situation donnée, de ne pas trouver une façon de s’affirmer sainement, etc.
On dit que s’affirmer, c’est s’aimer ! L’inverse est aussi vrai car, s’aimer permet de s’affirmer sainement ! Mais qu’est-ce que s’affirmer sainement ? Ce n’est certainement pas mettre le poing sur la table ! L’affirmation est un positionnement personnel, partagé à l’environnement. C’est un cadeau fait à celui-ci de se dire dans sa réalité, sans peur et sans masque, tout en l’invitant à faire de même. Évidemment, changer une attitude si profondément ancrée demande de la pratique, souvenez vous de cet adage plein de sens : « Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage !»
Premièrement il faut conscientiser que cette énergie créatrice est retenue depuis très longtemps, parce quelle est associée à cette colère irrecevable par l’environnement. Ensuite, il faut éventuellement se donner la permission de faire sauter le bouchon pour que cette énergie trouve son chemin vers l’extérieur, comme son mouvement centrifuge le commande. C’est-à-dire que si la colère gronde, il serait important de la laisser s’exprimer pour ne pas l’imprimer. Parce que tant que nous gardons ce Feu à l’intérieur, il est impossible de créer à partir de son Moi supérieur. Cependant, il est ensuite primordial de se responsabiliser et de conscientiser ce qui a été touché en nous, car cette charge nous appartient en propre.
Que cette introspection dure 15 minutes ou une semaine, il serait bénéfique de revenir si possible, auprès du déclencheur de cette tempête et de dire posément, en ne parlant que de nous, ce que cette situation nous a fait vivre, quitte à s’excuser s’il est pertinent de le faire.
Cette façon d’agir avec l’environnement nous permet de reprendre contact avec notre pouvoir de création et de laisser de plus en plus la place au JE majuscule, ce qui se reflètera dans nos actions. Les frustrations, le jugement et la colère reconnus et accueillis, vont peu à peu céder la place à la tolérance, au pardon, au lâcher-prise, au non-jugement, et à la saine affirmation de soi et du Soi.
Alimentée par la Volonté de l’Air, la création d’un Feu ajusté est synonyme de RESPONSABILISATION TOTALE, de conscientisation et de transmutation de toutes nos peurs. Il devient alors le Feu des alchimistes, en mesure de changer le plomb en or.




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