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  • Daniel Ethier

LA PEUR...suite !

Le déclencheur de ce coup de gueule est une publicité télévisée d'une clinique médicale annonçant le nombre de spécialistes y travaillant. Elle justifiait sa pertinence pluridisciplinaire en disant à la fin que - nous savons bien que les gens ne souffrent plus seulement d'une maladie, mais de plusieurs !


Dans les attributs de l'énergie Terre, nous retrouvons la valeur personnelle, la survie et le territoire. La facette la plus effrayante de la peur est celle qui touche à notre territoire ultime, notre intégrité physique ! Peur de mourir, peur d'avoir une maladie importante, une maladie handicapante, une maladie dégénérative, une maladie mortelle.


Comme je le soulignais dans l'article précédent, il est beaucoup plus facile de contrôler un troupeau apeuré qu'une multitude d'individus conscients et responsabilisés.


Les guerres se déroulent très loin de nous ? Les épidémies aussi ? Nous survivons à l'austérité économique ? Qu'à cela ne tienne, on va distiller cette peur beaucoup plus près de nous: on va nous inonder de publicité en nous disant que nous allons tous avoir un proche victime de cancer, que nous ne pouvons plus voyager sans avoir le vaccin contre l'hépatite, qu'une personne sur trois (oui, une personne sur trois !) développera un zona après 50 ans. Une maladie tellement souffrante, mais contre laquelle bien sûr, il existe un vaccin que nous serions bien fous de ne pas nous procurer.


Vous ne voyagez pas car vous n'en avez pas ou plus les moyens (austérité oblige) ? Vous n'avez que 30-40 ans et le zona après 50 ans semble encore bien loin de votre réalité ? Ne prenez pas de chances !!! Visez la prévention et aller passer des examens régulièrement chez votre médecin qui après avoir reçu vos tests sanguins, vous annoncera que vous n'avez pas à attendre 50 ans pour avoir une maladie. Mieux, il vous annoncera probablement que vous devez aller consulter un ou plusieurs spécialistes car les analyses démontrent que vous n'êtes pas dans les normes.


Pendant plusieurs années, j'ai passé des analyses sanguines, non pas pour me rassurer sur ma condition physique, mais pour savoir si je ne me perdais pas de vue dans un domaine ou un autre de ma gestion de vie et pour pouvoir y remédier par moi-même, le cas échéant.


Un jour, lors d'un de ces rendez-vous de routine, l'analyse de la thyroïde a démontré un léger débalancement. Évidemment, le bon docteur a tout de suite sorti son calepin pour me prescrire du Synthroid... ce que j'ai refusé tout net en lui disant que j'allais m'en occuper.


La thyroïde est la glande des émotions et celle de l'élément Éther. Elle se situe dans la gorge, chakra du même élément, qu'elle partage entre autres, avec les cordes vocales qui elles, servent à les exprimer. Il s'avère que justement, dans cette période, je vivais une retenue émotionnelle dans une situation donnée. L'analyse sanguine me confirmait que j'avais à exprimer cette émotion qui me restait dans la gorge. Ce que j'aurais fait de toute façon car je savais pertinemment de quoi il retournait et dans la responsabilisation totale que je cultive depuis des années, je n'aurais pas laissé cette histoire empoisonner ma vie encore longtemps.


Six mois plus tard, ayant réglé cette situation, les analyses démontrèrent une thyroïde parfaitement normale ! Si j'avais (naïvement) accepté la prescription venant du pouvoir médical plutôt que de tabler sur mon pouvoir personnel, je me serais retrouvé chaque mois à la pharmacie pour renouveler ma prescription et ce, pour le restant de mes jours (le Synthroid étant prescrit à vie et ajusté à chaque examen médical).


Depuis ce temps, j'ai cessé mes visites annuelles chez le médecin car JE SAIS que je suis mon meilleur médecin et que ma meilleure médecine est d'être toujours plus vigilant dans ma gestion émotionnelle de vie, d'être le plus transparent possible avec moi-même d'abord, et ensuite avec l'environnement.


Le problème ici est que l'arsenal diagnostic est de plus en plus perfectionné, de plus en plus pointu. Les appareils utilisés sont maintenant tellement puissants qu'il peuvent détecter une seule cellule cancéreuse et à ce moment, on sort l'artillerie lourde pour tuer une mouche. Il faut savoir que nous produisons chaque jour des dizaines, voir des centaines de cellules anormales que notre système immunitaire va se charger de détruire. Il faut savoir également, que depuis quelques années, les seuils indiquant un débalancement glandulaire ont été abaissés et ce, pour pouvoir évidemment vendre plus de médicaments.


Qu'est-ce qui justifie de déclencher immédiatement une guerre aussi coûteuse ? Coûteuse monétairement car près de la moitié du budget total de la province est consacrée à la santé (lire: la maladie), mais surtout coûteuse humainement. On s'entend que recevoir un diagnostique de cancer équivaut à recevoir une tonne de briques sur la tête. Pour des problèmes moins graves comme un débalancement thyroïdien, le choc est possiblement moins douloureux, mais il fait quand même de nous un fidèle client de l'industrie pharmaceutique. À moins bien sûr que nous écoutions ce mal-à-dire, que nous comprenions ce que le symptôme (Saint homme) veux nous communiquer afin de nous permettre d'ajuster notre vie et surtout que nous passions à l'action pour le faire.


Évidemment, ça demande beaucoup de courage (polarité émotionnelle positive de la Terre) pour effectuer les changements qui s'imposent dans notre gestion de vie. Si nous sommes limités par la peur, le seul moyen de s'en sortir est de développer le courage de l'affronter. Vous connaissez quelqu'un que vous trouvez courageux ? Dites-vous bien que cette personne a déjà connu la peur car nul ne peut être qualifié de courageux s'il n'a pas vaincu la peur.


En terminant, voici l'infolettre en question qui étaye bien le propos de cet article.

Un conseil simple pour ne pas devenir malade


Jean-Pierre a 55 ans et il est en excellente santé. Mais s’il cherchait, il pourrait se découvrir une bonne douzaine de maladies ! En effet, il lui arrive de s’énerver au volant ou quand ses clients le harcèlent.


Si un médecin passait à ce moment là avec un appareil pour mesurer sa pression artérielle, le diagnostic serait clair : hypertension.


Jean-Pierre mesure 1,83 m et pèse 84 kilos. Son indice de masse corporelle (IMC) est de 25,1. Un IMC « normal » varie de 20 à 24,9.


Diagnostic : surpoids.


Lorsqu’il mange certains aliments, il lui arrive de sentir une brûlure intense en bas de la poitrine, un peu au-dessus de l’estomac. Cela se produit particulièrement après le jus d’orange concentré et le cidre.


Diagnostic : reflux gastro-œsophagien.


La nuit, il lui arrive souvent de s’éveiller pour aller aux toilettes soulager sa vessie.


Diagnostic : hypertrophie bénigne de la prostate.

Le matin, quand il se lève, il se sent raide dans le dos et les jambes. Il a besoin de quelques minutes pour retrouver sa souplesse et sa mobilité.


Diagnostic : maladie dégénérative des articulations.


Il a souvent froid aux mains. Cela se produit en particulier les jours froids et pluvieux d’hiver. Quand il a neigé, il ne sort pas sans une double paire de gants. Le café aggrave son problème, mais l’alcool le soulage.


Diagnostic : maladie de Raynaud.


Il a pris l’habitude de faire une liste de ses courses et choses à accomplir, pour ne rien oublier. Il peine à se souvenir du prénom des gens. Alors qu’il est recommandé de ne jamais noter son code de carte bancaire ni son mot de passe, vous pouvez tout trouver dans un petit carnet soigneusement rangé dans son bureau.


Diagnostic : déficit cognitif léger, pré-Alzheimer


Mais tout ça n’est rien. Jean-Pierre obtiendrait encore bien d’autres résultats de maladies s’il allait voir un médecin pour faire un « check-up » complet.


Une foule de « maladies » cachées

Il suffirait à Jean-Pierre de faire des analyses de sang un peu approfondies, notamment les tests de fonction hormonale (thyroïde, hormones sexuelles) et la formule sanguine (globules rouges, globules blancs, plaquettes). Il est pratiquement sûr d’avoir au moins une valeur anormale sur la vingtaine qui seront mesurées.


Mais là où Jean-Pierre (et sa femme) pourraient vraiment s’inquiéter, c’est s’il passait un scanner complet et une coloscopie (caméra introduite par le rectum pour inspecter la paroi interne de l’intestin).

Nodules dans le poumon, kyste du rein, polypes dans le côlon (gros intestin), cellules cancéreuses dans la prostate, hernies et anomalies osseuses diverses, il est presque sûr qu’on lui découvrirait plusieurs signes suspects et inquiétants.

Diagnostiquer une maladie n’implique aucune amélioration pour le patient


On imagine souvent qu’il est avantageux de se faire diagnostiquer les maladies le plus tôt possible, car il sera alors plus facile de les guérir.


Ce n’est pourtant pas du tout prouvé sur le plan médical.


Dans tous les cas cités ci-dessus, le fait que Jean-Pierre s’aperçoive qu’il a une « anomalie » suite à un examen médical ne permettra absolument pas d’empêcher qu’elle évolue.


Prendre des médicaments ou subir des opérations ne fera, selon toute probabilité, que lui faire courir des risques inutiles.


Si Jean-Pierre se sent en bonne santé, l’important pour lui est de continuer à profiter de la vie sans chercher à se créer des ennuis.


Et de toute façon, il n’y a pas d’autre moyen d’empêcher une évolution défavorable que de suivre un mode de vie sain, par exemple tel que celui que je recommande jour après jour dans cette lettre.


Malade ou en bonne santé, ce mode de vie sain est recommandé pour toutes les personnes qui souhaitent éviter les ennuis et aller mieux.

Des moyens d’investigation trop puissants


Chaque année qui passe, scanners et IRM deviennent plus puissants et les examens plus répandus. Les nouveaux scanners permettent de visualiser des tranches de votre corps d’un millimètre d’épaisseur. Cela veut dire que, sur la longueur qui va de votre tronc jusqu’en haut de votre tête (soit 80 cm environ), on peut faire 800 photos de tranches. Les images peuvent ensuite être agrandies des centaines de fois pour visualiser la moindre anomalie.


Le corps humain n’est pas un produit industriel standardisé. C’est un organisme vivant d’une extrême complexité. La plupart d’entre nous vivons sans le savoir avec des organes ou des choses dans notre corps qui sont « un peu trop » ceci, ou « pas assez » cela. Aller mesurer le moindre organe au scanner est le meilleur moyen de vous causer des angoisses inutiles.


Mais cela fait les affaires de certains.


À force de chercher, tout le monde est malade


L’étude de la Cleveland Clinic faite par les pathologistes de Détroit (USA) dans les années 80 au sujet de la prostate [1], a révélé que vous découvrirez un « cancer de la prostate » chez 45 % des hommes de 50 à 59 ans si vous allez fouiller dans leur prostate avec une aiguille (un examen appelé biopsie).


La proportion d’hommes prétendument atteints du cancer de la prostate monte à 68 % chez les hommes de 60 à 69 ans et 82 % chez ceux âgés de 70 à 79 ans. Même parmi les hommes entre 20 et 30 ans, près de 10 % ont déjà un « cancer de la prostate ».


Cela veut-il dire qu’il faille s’inquiéter, opérer ? Absolument pas. L’important est de laisser ces hommes tranquilles. On envisagera d’agir uniquement le jour où le cancer de la prostate se manifestera par des signes extérieurs gênants.


En effet, on sait maintenant que de nombreux cancers sont non progressifs. C’est le cas en particulier du cancer de la prostate :


  • Certains cancers s’atrophient (se réduisent) parce qu’ils dépassent la capacité d’apport sanguin des vaisseaux qui les irriguent

  • D’autres sont repérés par le système immunitaire de l’hôte qui parvient à les détruire

  • D’autres encore ne sont pas agressifs et stagnent jusqu’à la mort du patient (par une autre cause)

  • D’autres enfin évoluent si lentement que, de la même façon, le patient souffrira et mourra d’une autre maladie avant que la taille de son cancer ne soit devenue gênante.

Il existe de nombreuses causes biologiques expliquant l’absence d’évolution négative d’un cancer, que les scientifiques sont en train de découvrir actuellement [2].


Et c’est vrai de bien d’autres « maladies » qui n’en sont pas réellement.


D’innombrables personnes ont des douleurs occasionnelles dans le ventre. Si vous leur faites une échographie, vous trouverez souvent des calculs biliaires. Ces calculs sont-ils pour autant la cause des douleurs ? C’est très difficile à dire. Parmi les gens qui n’ont jamais mal au ventre, vous trouverez presque autant de calculs biliaires si vous faites l’examen.


De même, beaucoup de gens ont mal au dos ou aux genoux. Faites un IRM (résonance magnétique) et vous avez de grandes chances de trouver des lésions du cartilage, ou des disques déplacés ou qui sortent de l’axe (hernie discale).


Mais la plupart de ces anomalies ne sont pas la cause des douleurs. Là aussi, de nombreuses personnes qui n’ont ni mal au genou ni mal au dos ont malgré tout des lésions du cartilage ou des hernies.


Si vous explorez en détail le système vasculaire d’une personne cardiaque, vous trouverez très vraisemblablement de petits anévrismes, thrombophlébites, embolies dans l’aorte, les jambes, les poumons…


Faut-il prendre des médicaments ou opérer ? Une fois que vous avez fait la « trouvaille », il est très difficile au patient comme au médecin de se décider.


Une tentation presque irrésistible de « faire quelque chose »


Mais une chose est sûre : si l’on ne fait rien et que le problème évolue mal, le médecin s’expose à en éprouver les plus graves remords, et subira peut-être des poursuites judiciaires, voire une sanction de l’Ordre des médecins. De son côté, le patient vivra avec l’angoisse d’une « épée de Damoclès » sur sa tête.


Par « sécurité », l’un comme l’autre préféreront en général intervenir si c’est possible. Au minimum, ils voudront faire des examens supplémentaires qui, à leur tour, augmenteront le risque de découvrir d’autres problèmes de santé qui avaient été ignorés jusque là.


C’est un cercle infernal qui explique largement l’augmentation prodigieuse de la taille de nos hôpitaux, des queues aux urgences, des dépenses de santé, et de la proportion de personnes qui prennent des médicaments tous les jours et qui se considèrent comme « malades ».


Attendre d’être malade avant d’aller consulter


Selon le Dr H. Gilbert Welch, expert de notoriété internationale sur le dépistage et professeur au Dartmouth Institute for Health Policy and Clinical Practice (USA) :

« Autrefois, les gens ne consultaient le médecin que quand ils ne se portaient pas bien. Ils attendaient de souffrir de symptômes. Mais le paradigme a changé. Le diagnostic précoce est devenu l’objectif du système de santé. La sagesse populaire estime que plus de diagnostics précoces entraînent de meilleurs soins. Cela peut être vrai pour certains. Mais il y a un revers à la médaille : trop de diagnostics peuvent littéralement rendre malades les bien-portants. Ces nombreux diagnostics déclenchent plus de traitements, et des traitements pour des problèmes qui ne sont pas si graves ou, pire, qui ne le sont pas du tout. En revanche, les traitements inutiles peuvent faire du tort, et être pires que la maladie.(…) Le diagnostic précoce est devenu synonyme de médecine préventive. La médecine préventive est vue intrinsèquement bonne, ce qui fait que la détection précoce ne peut qu’être bonne. Mais en fait, le diagnostic précoce n’a rien à voir avec la prévention puisque son seul objectif est de trouver des maladies et non de les prévenir. Il vise à trouver des anomalies au début de leur évolution de manière à en prévenir les conséquences. Mais beaucoup d’anomalies ne porteront jamais à conséquences. » [3]

Le diagnostic précoce débouche donc sur la création de millions de personnes qui s’imaginent malades, qui subissent des batteries d’examens, et souvent des interventions ou médications inutiles.


Le Dr H. Gilbert Welch ajoute :

« La vraie prévention est ce que grand-mère me disait quand j’étais petit : ne fume pas, mange ta soupe et tes légumes verts, et va jouer dehors (avec le message subliminal : fais de l’exercice et débarrasse-toi de tes tensions). Son idée était simple : vivre sainement. »

On ne saurait mieux dire.


À votre santé !


Jean-Marc Dupuis


Sources :


[1] W. A. Sakr, D. J. Grignon, G. P. Hass et collab., « Age and Racial Distribution of Prostatic Intraepithelial Neoplasia », European Urology, 30 (1996) : 138-144.


[2] W. J. Mooi et D. S. Peeper, « Oncogene-induced Cell Senescence – Halting ont the Road to Cancer », New England Journal of Medicine, 355 (2006) : 1037-1046 ; J. Folkman et R. Kalluri, « Cancer without Disease », Nature, 427 (2004) : 787 ; M. Serrano, « Cancer Regression by Senescence


[3] H. Gilbert Welch, « Overdiagnosed : Making People Sick in the Pursuit of Health », janvier 2012.


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